Les biostimulants sont « des fertilisants qui stimulent le processus de nutrition des végétaux indépendamment des éléments nutritifs qu’ils contiennent, dans le seul but d’améliorer une ou plusieurs caractéristiques des végétaux (l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs, la tolérance au stress abiotique et la qualité du végétal cultivé) », définition de la commission européenne (mars 2016).


 

POUR ALLER PLUS LOIN

Le terme de biostimulants est apparu au début des années 90 (YAKHIN et al, 2017). Une étude réalisée en 2014 constate qu’une terminologie très variée est utilisée pour parler des produits de stimulation : biofertilisant, inducteur de résistance, stimulateur de défenses naturelles, stimulateur de croissance, activateur de sol, etc. (FAESSEL et al., 2014). Les articles scientifiques, les textes règlementaires et les documents commerciaux sont nombreux et chacun propose sa version pour définir la biostimulation.

Au niveau industriel
L’EBIC (Conseil Européen de l’Industrie des Biostimulants) définit les biostimulants comme des produits dont la formulation est très variable. Il peut contenir des composés, des substances et des microorganismes. Son application à la plante ou au sol permettra d’améliorer la vigueur des cultures, la qualité des récoltes et la tolérance aux stress abiotiques.

Au niveau scientifique
Une publication récente réalisée par des chercheurs Russes et Américains définit les biostimulants comme une formulation de composés d’origines biologique qui améliore la productivité des plantes. Les propriétés du produit sont la conséquence de sa formulation complexe, et non pas la conséquence de la seule présence d’un élément nutritif élémentaire, d’un régulateur de croissance ou d’un agent protecteur connu (YAKHIN et al, 2017)

Avant cette étude, d’autres chercheurs tels que Patrick Du Jardin avaient déjà fait leur proposition pour définir le terme de biostimulant. En 2015, cet enseignant chercheur de l’université de Liège, reconnu dans le domaine de la biologie des plantes et des biotechnologies, avait définit les biostimulants comme une substance ou un microorganisme appliqué à la plante dans le but d’améliorer l’efficacité de la nutrition, la tolérance aux stress abiotiques, la qualité de la culture, indépendamment des nutriments qu’il contient. Par extension, les biostimulants désignent aussi les formulations commerciales contenant des mélanges de substances et/ ou microorganismes (DU JARDIN, 2015)

Au niveau règlementaire 
L’Europe, dans la future réglementation européenne encadrant la commercialisation des engrais CE, définit les biostimulants comme des fertilisants qui stimulent le processus de nutrition des végétaux indépendamment des éléments nutritifs qu’ils contiennent, dans le seul but d’améliorer une ou plusieurs caractéristiques des végétaux (l’efficacité de l’utilisation des éléments nutritifs, la tolérance au stress abiotique et la qualité du végétal cultivé) (Commission européenne, 2016)

Le consensus mondial sur une définition concise n’est pas encore atteint, toutefois ces définitions contribuent déjà à l’acceptation des biostimulants dans le cadre de la construction des réglementations, notamment en Europe. Elles permettent de bien différencier les biostimulants des engrais, pesticides et autres agents de biocontrôle.

 

Figure : Cartographie des principales terminologies identifiées pour les produits de stimulation des plantes (FAESSEL et al., 2014).
Cibles identifiées : plante (vert), sol (brun) et Matière Fertilisante et Support de Culture (bleu).

1 (RMT Elicitra, 2013), 2 (Fardeau & Jonis, 2003), 3 (EBIC, 2014), 4 (MAAF, 2012), 5 (Arcadia, 2014).

Inspiré de la publication scientifique « Biostimulants in agriculture » (SAA, 2015)

Inspiré de la publication scientifique « A Systematic Approach to Discover and Characterize Natural Plant Biostimulants » (POVERO et al, 2016)

De nombreuses propriétés sont reconnues aux biostimulants. En voici une liste non exhaustive :

  • L’amélioration de l’absorption par la plante des macro et micronutriments (N, P, K, Ca, Mg, Mn…) présents dans l’environnement ou apporter via les engrais
  • L’amélioration de la biodisponibilité des composés nutritifs du sol (macro et microéléments) permettant une meilleure absorption et utilisation au sein de la plante
  • L’augmentation de la tolérance et de la résilience des plantes face aux stress abiotiques (sécheresse, excès d’eau, gelées, sel…)
  • L’amélioration des critères de qualité des produits récoltés (dont teneur en sucre, en lipides, couleur, conservation…)
  • L’amélioration de l’activité microbienne des sols permettant une humification des sols
  • L’amélioration de certaines propriétés physicochimique du sol permettant une meilleure dégradabilité des composés organiques.
  • Gain économique (dont augmentation des rendements)
  • Gain environnemental (faible impact sur l’environnement)


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